L’urgence climatique

Le jury a rendu son verdict, et il est accablant. Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est une litanie de politiques climatiques brisées. C'est un dossier de la honte, qui répertorie les promesses vides qui nous mettent fermement sur la voie d'un monde invivable. Nous sommes sur la voie rapide de la catastrophe climatique. » 

António Guterres - Secrétaire général de l'ONU, Avril 2022

En avril dernier, les plus grands scientifiques du monde lançaient un énième appel à l’action avec le troisième volet du rapport du Giec (groupe intergouvernemental d’expert du climat). Une fois de plus, ils supplient les gouvernements d’agir et d’investir massivement dans la décarbonisation de  leurs économies, sans quoi le risque d’effondrement de notre civilisation deviendra de plus en plus réel. Dans ce rapport, les experts du Giec appellent à des changements dans tous les secteurs de l’économie et proposent des solutions pour cela. 

L’enchaînement perpétuel des rapports alarmistes, des COPs infructueuses, des plans laissés à l’abandon, des beaux discours et des promesses vides, dans une ambiance d’indifférence et de désinvolture généralisée, prend des airs d’absurdité. La parodie Don’t Look Up n’est en vérité qu’un écho amer de notre réalité quotidienne. 

Nous devons agir rapidement. Ce que nous ferons au cours des trois à quatre prochaines années, je le crois, va déterminer l’avenir de l’humanité.

António Guterres - Secrétaire général de l'ONU, Avril 2022

Nous sommes à la croisée des chemins, ce que nous ferons dans les 2-3 prochaines années  sera déterminant pour le futur de notre pays et de l’humanité toute entière. 

On peut y arriver. Mais ce qu’il faut comprendre c’est que la transformation est devant nous: soit nous allons vers une trajectoire qui nous mène au désastre, soit nous prenons les mesures nécessaires actuellement.

Julia Steinberger, chercheuse et auteure du Giec, avril 2022

Sans révision et mise en place de politiques climatiques ambitieuses, d’ici à 2070, 3,5 milliards de personnes seront forcées de se déplacer en raison de conditions climatiques et écologiques invivables. Comme l’a rappelé le Secrétaire Général de l’ONU, António Guterres, « perdre du temps, c’est périr« . À moins que les engagements nationaux ne soient considérablement renforcés, l’ensemble des société humaines sera, dans les prochaines décennies, confronté à l’instabilité et l’insécurité sociale: déplacements de masse, famines, conflits armée, épidémies, violences sexuelles, souffrance, … 

Même après 25 COP, les émissions mondiales de CO2 continuent de croître exponentiellement et ont même atteint un record en 2021. Ce début d’année 2022 est déjà un cauchemar pour des millions de personnes dans le monde et des centaines d’agriculteurs et autres professionnels en Suisse, qui souffrent de températures extrêmes et de la sécheresse précoce. Une crise alimentaire mondiale, un “ouragan de famine” se profile à l’horizon, accéléré par la guerre en Ukraine. 

Malgré l’urgence de la situation, la Suisse n’atteint pas son objectif climatique 2020 de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à 1990. Dans les classements internationaux, la Suisse se trouve en queue de peloton, sa politique climatique étant jugée “insuffisante”. Actuellement, elle n’a aucun plan concret pour atteindre les objectifs de Paris et limiter le réchauffement à 1.5°. Désaccords, débats et interminables tergiversations règnent sous la coupole. 

Selon une étude parue en septembre 2021 dans la revue médicale The Lancet, 75% des jeunes de 16 à 25 jugent leur futur effrayant et ont le sentiment d’avoir été abandonnés par leur gouvernement. Plus de la moitié pensent que l’humanité est condamnée.

Face à l’inaction et au manque de courage de nos Conseillers fédéraux et parlementaires, nous avons le devoir d’entrer en résistance civile.